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Les jardiniers de la jungle urbaine (Québec)

Samuel Auger, Le Soleil

(Québec) Les semences et les graines se répandent doucement sur les pavés. Malgré la domination du béton et du bitume, l'agriculture urbaine prend tranquillement racine sur les balcons et les terrasses de la capitale. Un phénomène encore marginal, le terreau n'étant pas toujours fertile pour laisser libre cours à la verdure en ville.

Vu du ciel, le centre-ville de Québec a une mine un peu grisâtre. Les toits plats et les terrasses offrent peu de couleurs printanières et estivales pour le coup d'oeil aérien. Il y a quelques années, le regroupement des Urbainculteurs a osé trafiquer la réalité... et ajouter une touche verdâtre aux espaces plats laissés pour compte du quartier Saint-Roch.

Surprise. Le vert domine outrageusement le panorama.

«Les gens pensent qu'un toit vert, c'est compliqué et ça demande beaucoup d'investissement», laisse tomber Marie Eisenmann, cofondatrice de cet organisme à but non lucratif faisant la promotion de l'agriculture en ville. Les Urbainculteurs vantent les mérites depuis quelques années des bacs Biotop, un système simple et efficace de bacs à jardinage. Le complément parfait d'un balcon dégarni ou d'une toiture en manque de verdure.

«On peut simplement mettre des bacs sur le toit. Tout ce que ça prend, c'est un arrosoir à main. C'est beaucoup moins exigeant pour la structure du toit, et ça ne demande aucun système de rétention d'eau.» Suffit d'en aligner quelques-uns pour modifier drastiquement le couvert d'un immeuble à logements. «Tout d'un coup, les gens se disent : "On a un terrain là-haut, et on a un jardin là-haut!"»

Comme des dizaines d'autres, Marie Eisenhamm était venue vendre sa salade, hier, à la toute première Fête des semences et de l'agriculture urbaine à l'Envirotron de l'Université Laval. Un salon fort couru où des urbains ont pris quelques trucs pour réhabiliter herbes et tomates aux bords des grandes artères.

«Bombes vertes»

Quelques idées lancées dans la journée en ont fait sourciller quelques-uns. La méthode de la guérilla urbaine propose ainsi de cultiver illégalement un espace public abandonné. Et pourquoi pas une petite «bombe verte»? La boule compacte, mélange de semences et d'argile, doit être lancée dans un parc ou une plate-bande. Si l'acte de vandalisme porte fruit, une belle courge pourrait pousser au milieu d'un aménagement paysager de la ville...

Mais derrière ces petits coups d'éclat, les exposants avaient surtout envie de faire du réseautage. Un terme aussi populaire dans le monde du jardinage que sur Internet. Dans l'air du temps, l'organisme Les Amis de la Terre de Québec (ATQ) tente ainsi d'implanter dans la capitale le premier réseau de Potagers partagés au Québec.

Potagers colocs

Le principe est simple : trop de gens ont un terrain inutilisé... et trop de jardiniers en herbe n'ont pas accès à la terre. Il ne reste qu'à forcer le lien entre ces deux solitudes.

«C'est vraiment novateur chez nous, et on ne sait pas la ré-ponse qu'on obtiendra, admet Stéphane Groleau, membre de l'ATQ. L'idée, c'est de faire comme une colocation. Il faut une entente entre celui qui prête une partie de son terrain et un jardinier inconnu.»

Le principe a fait fureur à Portland en Oregon. Au centre-ville, des dizaines de citoyens ont offert une parcelle de leur terrain aux sans-terre du quartier. Et comme bien des histoires de séduction moderne, le rapprochement se fait par le Web.

«Là-bas, il y en a plein! Chez nous, les terrains ne manquent pas, mais il faut innover et proposer des façons de faire différentes. On ne sait juste pas comment notre culture va réagir à ça», conclut Stéphane Groleau.

Suite : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/20100...

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