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Intégration de l'agriculture urbaine aux structures routières urbaines, loufoque !

Aujourd'hui dans le journal le Métro on peut lire les envolées verbales de divers intervenants municipaux sur la proposition du MTQ d'intégrer l'agriculture urbaine au développement de l'échangeur Turcot (Turcot, des consultations controversées). Envolées qui dénotent une mauvaise connaissance de plusieurs éléments et surtout qui induisent la population en erreur.

  • «On veut que nos enfants aillent jouer à côté des autoroutes et qu’ils mangent des tomates de cette terre-là. Vont-ils nous offrir des masques à gaz aussi?» : [Les légumes cultivés en ville sont propre à la consommation et un bon nettoyage pour enlever la poussière est un minimum. Cela est aussi vrai pour les légumes achetées en épicerie. La poussière dans l'air urbain est une réalité qui dépasse les abords des voies routières]
  • «Des scénarios «loufoques». » :  [Avec une place grandissante de l'agriculture urbaine dans de nombreuses villes du Nord. 2012 est l'année de l'agriculture urbaine à Paris, par exemple, on ne peut dire que cette pratique est loufoque. Cela va dire que l'ensemble des jardiniers urbain de Montréal (entre 14000 et 17000 dans les jardins communautaires et les jardins collectifs) serait des clowns.]

Pourtant c'est bien la première fois que je vois le MTQ envisager de développer une zone verte comestibles le long d'une voie de transport, et même envisager la décontamination des sols. Est-ce que l'agriculture urbaine est impossible le long des voies de transports ? Des expériences ailleurs, dont en Europe, montrent que non. Des défis s'imposent, mais avec de l'imagination on peut innover en terme d'aménagement de nos quartiers et des infrastructures qui dénature notre environnement de vie. Nos champs agricoles sont souvent le long des grands axes routiers. En outre, cela voudrait dire que les habitations (où on pense plus de temps que dans  un jardin) ne peuvent être accolées aux voies de transport. Combien de quartiers devront raser si on se base sur une telle vision.

Il est vrai que la création de jardins communautaires n'est pas l'idée du siècle dans le cas présent, mais Montréal est pris dans un carcan conceptuel depuis des décennies. Il serait nettement plus intéressant de voir d'autres types d'agriculture urbaine se développer en de tel endroit, tel que des vergers.  Vergers qui ferait leur retour à Montréal, car ils étaient très présents dans cette région avant l'urbanisation à la fin du 19e siècle

J'invite aussi le MTQ à s'occuper du jardin communautaire Monsabré dans l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve qui a été fermé, car le sol est contaminé. Ce jardin n'a pas été rouvert depuis, car le terrain n'appartient pas à la ville de Montréal, mais au gouvernement du Québec.

Finalement, l'introduction de l'agriculture urbaine comme élément d’intégration urbaine d'ouvrage routier de l'importance ne retire en rien à la pertinence de mettre en place les autres éléments essentiels tels que la diminution du transport individuel vers du transport collectif, la création de structures de réduction des nuisances par le bruit ou la poussière, etc… Sans parler du problème plus global de la large emprise de telle infrastructure.

Toutefois, l'utilisation à bon escient et de manière innovante d'une agriculture urbaine multiforme et multifonctionnelle peut être un élément fédérateur d'un aménagement urbain moderne et résilient pour la ville de Montréal, mais aussi dans d'autres municipalités du Québec. Les partis municipaux, tels que Projet Montréal prônant l'agriculture urbaine dans son programme politique, devraient examiner la question en détail au lieu d'y aller d'envolées verbales.

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